Eyes of the Storm, un road trip photo au cœur de la Beatlemania

On le connaît comme membre emblématique des Beatles, Paul McCartney laissera aussi à la postérité un regard unique. Conscient d’être le témoin privilégié d’une époque en pleine effervescence, le musicien britannique a eu l’heureuse idée de documenter ce tourbillon médiatique sans précédent. Présentée au Musée Granet à Aix-en-Provence, l’exposition Eyes of the Storm réunit près de 250 de ses photographies qui sont autant d’archives vivantes des « yeux du cyclone ». 

De ville en ville, sur la route, dans les hôtels et les salles de concert, les quatre garçons dans le vent font face à une frénésie du public inédite pour l’époque. C’est la naissance de la Beatlemania. Et c’est par la photographie que Paul McCartney, guitariste et compositeur des plus grands hits des Beatles, choisit de documenter cette ascension fulgurante du groupe en 1963 et 1964. À travers l’objectif de son Pentax 35 mm, il capture cette période charnière. Les Beatles s’apprêtent alors à conquérir le monde. Quelques mois plus tard, John Lennon, George Harrison, Ringo Starr et lui sont considérés comme les inventeurs de la pop music.

Pour Paul McCartney, la pratique de la photo est aussi naturelle que celle de la musique. Dès l’enfance, il capture ses souvenirs avec l’appareil familial, un Kodak Brownie. Son regard s’affine au fil des années et trouve un écho intime dans sa relation avec Linda Eastman, photographe professionnelle, qui partage sa vie pendant près de trente ans et influence très certainement sa sensibilité à l’image. Dans Eyes of the Storm, la photographie devient un véritable langage. Paul McCartney immortalise de l’intérieur ce qu’il est en train de vivre. Il apparaît ainsi comme l’acteur et le témoin de sa propre vie.

Paul McCartney, George Harrison, Miami Beach, février 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Des photographies inédites de Paul McCartney enfin révélées

Longtemps, pourtant, ces images sont restées invisibles. Conservés sous forme de négatifs et de planches-contact dans les archives personnelles de McCartney, ces clichés n’ont jamais été tirés. Ce n’est qu’en 2020, à la faveur d’une collaboration avec la National Portrait Gallery de Londres, que leur ampleur est découverte. Leur valeur historique et artistique apparaît alors au grand jour. Paul McCartney lui-même découvre ainsi, pour la première fois, des photographies qu’il avait prises plus de soixante ans plus tôt. 

Paul McCartney, West 58th Street, à l’intersection de la Sixième Avenue, février 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Actuellement accueillie au Musée Granet, l’exposition est conçue comme un road trip en sept étapes qui retrace chronologiquement l’itinéraire du groupe. Des rues de Liverpool aux États-Unis, en passant par Paris et Londres, les photographies témoignent autant d’un phénomène culturel sans précédent que de l’atmosphère joyeuse et libre des années 1960. Entre scènes de voyage, longues journées de répétition et instants de complicité, McCartney compose un récit intime de la naissance d’un mythe.

McCartney le dit simplement : « C’était une période complètement dingue pour nous, on vivait des tas de trucs incroyables… ». Come together au Musée Granet pour les découvrir !

Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the storm, au Musée Granet, jusqu’au 3 janvier

Texte : Eloïse Marly