Dédié aux cultures juives, le Festival Lehaïm est de retour les 4 et 7 juin dans les jardins du Pavillon de Vendôme. Cette deuxième édition qui met à l’honneur l’histoire des Juifs de Méditerranée en conjuguant musique, humour, animations familiales et débat d’idées promet de nouveaux moments festifs et fédérateurs.
Sans politique ni religion
Au départ de Lehaïm Festival, il y a une discussion entre amis, Sabrina, Jessy et Benjamin. Trois Aixois lassent d’entendre parler des Juifs uniquement autour de sujets tristes et graves. L’idée de faire connaître ce que la culture juive peut offrir de joyeux en rassemblant un public large et non uniquement communautaire s’impose à eux. « Élargir les horizons un maximum et réunir les personnes autour de houmous et de blagues. Sans politique. Ni religion ». Le leitmotiv de Lehaïm est né. Après un premier rendez-vous unanimement apprécié, le Festival revient pour sa deuxième édition.


Une édition dédiée à la méditerranée
Au programme de la soirée d’ouverture du 4 juin, la Compagnie Transmosaïk entraînera le public au rythme de ses musiques euro-orientales ponctuées de chants fantastiques et de récits d’autrefois. Comme pour la précédente édition, le rire sera également mis à l’honneur avec la présence de Rosa Bursztein et de Salima Passion. Chacune à leur manière, ces formidables humoristes puisent dans leur quotidien pour offrir réflexion et auto-dérision. Le tout sublimé par un repas préparé par Tita, célèbre restaurant aixois de cuisine méditerranéenne et orientale, pour une explosion de saveurs garanties.
La journée du 7 juin, à visée davantage familiale, est une invitation à l’expérimentation et à la réflexion. De nombreux ateliers permettront aux petits comme aux grands de s’initier à plusieurs activités. Entre autres : tatouage au henné, danse orientale, la calligraphie hébraïque et arabe. « L’entrée sera gratuite pour permettre aux flâneurs du dimanche, habitués du parc Vendôme, de partager cette expérience avec les visiteurs venus intentionnellement pour cette journée », précise Jessy.
Des conférences et débats seront également au programme. L’occasion de réfléchir et dialoguer ensemble, notamment autour des interventions de Benjamin Stora, éminent historien spécialiste de la guerre d’indépendance d’Algérie ; de Cléo Cohen, autrice et réalisatrice de documentaires témoignant de la dualité que l’on peut ressentir à travers la double identité judéo-arabe ; et de David Dahan et Jean-François Fau qui interrogent le statut d’exilé concernant l’exode des Juifs d’Afrique du Nord.
Le concert de clôture sera assuré par les groupes Haera et Jazzpora. Pour un voyage de musique ladino (judéo-espagnole) et jazz méditerranéen. Une manière d’incarner au mieux les valeurs d’altérité portées par le festival qui devrait, cette fois encore, trouver un bel écho. Lehaïm (à la vie, hebreu) ! Bessaha (santé, arabe) !
Une exposition participative

Nous avons tous en mémoire l’expérience de repas de famille lors desquels étaient partagés les récits et anecdotes d’autrefois. La transmission orale des histoires familiales joue un rôle majeur pour ancrer la filiation dans des racines communes. Cela peut se vivre aussi bien dans la joie que dans la tristesse ou la pudeur. Pour les descendants des familles juives ayant évolué autour du bassin méditerranéen, il en est de même. Pour beaucoup, une tendre nostalgie les habite : celle d’un pays et d’une époque qu’ils n’ont pas ou peu connu directement, et qu’ils se sont pourtant appropriés à travers l’héritage culturel que peuvent constituer les recettes de grands-mères, les musiques d’ailleurs et les traditions ritualisées.
Ces mémoires personnelles et collectives des juifs de Méditerranée sont à l’honneur de cette nouvelle édition. Les organisateurs du festival ont eu la riche idée de proposer aux familles juives aixoises originaires du bassin méditerranéen de participer directement à l’élaboration d’une exposition photos. Pris entre le début du XXe siècle et les années 1960, ces clichés d’archives personnelles, chacun accompagné de témoignages intimes, immortalisent les anciens dont la mémoire a été reçue en héritage. Un moyen authentique d’entrer au cœur du folklore judéo-méditerranéen.
Festival Lehaïm au jardin du Pavillon Vendôme 34, rue Celony Aix-en-Provence.
Cabaret oriental du 4 juin de 19h à 23h30, sur réservation.
Journée du 7 juin de 11h à 22h, entrée gratuite.
Texte : Karen Ghozland