Radio Zaï, radio libre pour jeunesse créative

De la diffusion d’un concours d’éloquence de collège à l’organisation d’un concert punk rock, en passant par l’enregistrement de podcasts et l’accompagnement d’étudiants DJ, Radio Zaï — la radio associative d’Aix-en-Provence, hébergée sous les toits de la MJC Jacques Prévert — veut aider les jeunes, tous les jeunes.

Sur les enceintes du petit studio, la chanson « Moving on up » de Primal Scream est diffusée en direct depuis le site de Radio Zaï. Tout en haut du long escalier de la MJC d’Aix-en-Provence, la radio libre et indépendante utilise trois petites pièces : l’une aménagée en studio d’enregistrement, les deux autres en salles de mixage et de réunion. Loïs et Tova, deux étudiantes, terminent d’y monter un podcast pour leur cours d’anthropologie de la migration, enregistré ici même fin novembre. Au rez-de-chaussée, dans l’auditorium, Lou et Gabin, étudiants en 1ère et 3ème année aux Beaux-Arts, installent la scénographie pour le concert prévu ce soir. Lucas, étudiant en musicologie, teste le son avant l’arrivée des musiciens. Au milieu de toute cette agitation, Graeme Reid, le fondateur de Radio Zaï, est ravi de l’émulsion créative qui se déploie sous ses yeux. « Vous avez tout le matériel qu’il vous faut ? Tu veux que je te montre pour le montage du podcast ou ça va ? » Il ne cesse de courir pour aider la jeunesse et s’assurer qu’elle ne manque de rien.

Aider les étudiants

Radio Zaï, c’est « son bébé », comme il dit. Lancée en 2020, à la sortie du confinement, cette radio associative était avant tout un projet pensé pour bénéficier aux étudiants. Enseignant dans plusieurs écoles, Graeme voulait aider ses élèves à faire des podcasts pour remplir leur CV et leur fournir une expérience professionnelle. « Aujourd’hui tu ne peux pas avoir un boulot parce que tu n’as pas d’expérience, mais tu ne peux pas avoir d’expérience parce que tu n’as pas de boulot. Nous on casse ça et on donne de l’expérience à tout le monde. Donc si quelqu’un a une idée, on l’aide à enregistrer. » Cinq ans plus tard, son succès est tel que la radio se professionnalise et commence à organiser ses émissions en rubriques (vie étudiante, art et culture, société, vie locale). Elle s’est même dotée d’une ligne éditoriale dont les maîtres mots sont « anti-racisme et inclusivité ».

Aujourd’hui, en plus de recevoir ses étudiants des Beaux-arts, de l’EJCAM et de l’école Brassart pour les aider dans leurs projets de podcast, de mixage et d’enregistrement, Graeme travaille aussi avec la Cimade, Amnesty International et la salle de concert le 6Mic. Sans oublier l’organisation et l’enregistrement des « Tiny d’Aix », ces concerts dont le nom n’est pas sans rappeler les « tiny desk », les rendez-vous musicaux filmés chez les artistes qui ont fleuris sur Youtube durant le confinement. Il a aussi été contacté par le musée Granet pour apporter son expertise en matière de musicologie, à l’occasion de leur prochaine exposition qui mettra à l’honneur les photographies de Paul McCartney, célèbre membre des Beatles. « C’est mon boulot de rêve. Je crois que je n’aurais jamais avoir un meilleur boulot. » s’amuse-t-il. Si la radio n’a pas encore d’émission live par manque de moyens, cela ne saurait tarder selon le fondateur, très enthousiaste par cette progression soudaine.

Une relation de confiance

« C’est génial d’avoir un cadre aussi encourageant et professionnel » affirme Gabin, une affiche du concert à la main. Ce type d’événements lui permet de s’évader tout en acquérant des compétences qui – il en a bien conscience – lui serviront après ses études. « C’est super utile et ce serait impossible de monter des concerts comme ça sans l’aide des profs, Graeme notamment. », concède-t-il. 

« Il croit plus en nous que nous on croit en nous-même » confirme également Loïs, concentrée sur son logiciel de montage. Le professeur, reconnaissant d’un tel investissement de la part de ses étudiants, leur réserve encore mille projets à venir pour continuer à faire vivre et grandir Radio Zaï, la radio libre et inclusive d’Aix-en-Provence.

Texte et photos : Lilou Botta